Qu'il soit masqué, ailé ou capé, le héros tels que nous le connaissons est un individu, homme ou femme, qui présente, à défaut de véritables pouvoirs, des aptitudes exceptionnelles qui lui permettent de se démarquer du commun des mortes et de réaliser des exploits plus ou moins sensationnels.
Quand on pense aux héros, la première des images qui nous vient à l'esprit est celle des grandes figures du cinéma ou de la science fiction, image fantastique qui a fait rêver tous les enfants au moins une fois.
De manière plus réaliste, certaines guerres, que l'on soit pour ou contre, ont produit des héros, militaires pour la pluspart. Ceux ci sont des gens comme vous et moi mais qui ont connu un destin particulier dans des circonstances particulières.
Tout le monde fait référence à ces êtres particuliers qui deviennent souvent des modèles. Ils font rêver mais soulignent également l'écart qui peut exister entre eux et nous, simples mortels que nous sommes sans particularités exceptionnelles.
Et pourtant, tous autant que nous sommes croisons pratiquement tous les jours des héros. Balivernes me diront les plus sceptiques d'entre vous, personne n'a jamais croisé un gars se promenant vêtu de collants flashy, hormis en période de carnaval ou de bal masqué.
Vous êtes vraiment têtus et incrédules. Nous en croisons tous tous les jours vous dis je.
Ce sont ce que l'on appelle des héros ordinaires. Des gens qui dans la vie quotidienne accomplissent des choses remarquables. Qui sont ils ? Les policiers, les pompiers, les médecins, les infirmières ? Oui bien sur mais ce ne sont pas les seuls.
Actuellement, il n'est pas une seule journée sans que les ondes ne nous délivrent un flot continu de mauvaises nouvelles et ne nous transforment en oiseaux mazoutés englués dans la morosité et le marasme le plus complet. Celui qui passe sa journée à écouter la radio et la télé, à lire les journaux et à détailler les chroniques et les éditos, se rapproche de manière certaine de la folie, voire de la fin de son cycle terrestre par anticipation.
A en croire ces oiseaux de mauvaise augure, tout va mal, la situation est désespérée et si les mayas et leur calendrier ne parviennent pas à nous exterminer, l'économie et la sinistrose y parviendront sans aucune hésitation,
Et pourtant, tous les jours, tous les matins, à chaque heure de la journée, je croise dans les rues des gens qui n'ont rien de fantastique, aller au travail, travailler et chaque jour recommencer à trimer. Ces gens font ce pourquoi on les paye, parfois moins que ce que l'on devrait, parce qu'il faut gagner de l'argent pour mener une existence un minimum décente.
Tous les jours, malgré les cohortes de morosité qui envahissent nos rues comme les troupes d'un envahisseur, ils vont au travail, ils effectuent leur tâche et remplissent leur office, sans se demander ce que sera demain, sans faiblir, simplement sans s'apitoyer sur le sort décidément peu enviable de l'humanité.
Ce sont eux que j'appelle volontiers les héros ordinaires. Ceux qui ne font rien qui puisse vraiment être extra ordinaire .... quand tout va bien. Mais de nos jours, simplement faire quelque chose de normal et continuer à avancer dans la vie relève de l'action héroîque tant il y aurait de raison de s'assoir sur le bord de la route et de se laisser aller.
La reponsabilité de cette sinistrose incombant à ceux dont le rôle est de simplement nous informer et de nous distraire, ceux que l'on appelle les journalistes, qui n'hésitent pas à noircir le tableau et rendre la vie plus laide pour compenser le peu de talent et d'imagination dont ils font preuve. Il est définitivement plus facile de peindre un tableau en noir chagrin plustôt que de le tapisser de couleurs gaies et joyeuses.
Le bonheur est emmerdant et ne fait pas vendre, alors que le malheur est une source intarrisable d'audience et de revenus.
J'espère que ces vautours aux noires idées verront bientôt leur filon se tarir comme une vieille source pour qui l'heure de la retraite et que chaque personne se levant le matin pour aller au labeur jettera de ce fait un trait de couleur sur leurs noires idées.
Chapeau bas les gens, chapeau bas les héros ordinaires.
On vit une drôle d'époque