Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 21:40

Qu'il soit masqué, ailé ou capé, le héros tels que nous le connaissons est un individu, homme ou femme, qui présente, à défaut de véritables pouvoirs, des aptitudes exceptionnelles qui lui permettent de se démarquer du commun des mortes et de réaliser des exploits plus ou moins sensationnels.

Quand on pense aux héros, la première des images qui nous vient à l'esprit est celle des grandes figures du cinéma ou de la science fiction, image fantastique qui a fait rêver tous les enfants au moins une fois.

De manière plus réaliste, certaines guerres, que l'on soit pour ou contre, ont produit des héros, militaires pour la pluspart. Ceux ci sont des gens comme vous et moi mais qui ont connu un destin particulier dans des circonstances particulières.

Tout le monde fait référence à ces êtres particuliers qui deviennent souvent des modèles. Ils font rêver mais soulignent également l'écart qui peut exister entre eux et nous, simples mortels que nous sommes sans particularités exceptionnelles.

 

Et pourtant, tous autant que nous sommes croisons pratiquement tous les jours des héros. Balivernes me diront les plus sceptiques d'entre vous, personne n'a jamais croisé un gars se promenant vêtu de collants flashy, hormis en période de carnaval ou de bal masqué.

Vous êtes vraiment têtus et incrédules. Nous en croisons tous tous les jours vous dis je.

 

Ce sont ce que l'on appelle des héros ordinaires. Des gens qui dans la vie quotidienne accomplissent des choses remarquables. Qui sont ils ? Les policiers, les pompiers, les médecins, les infirmières ? Oui bien sur mais ce ne sont pas les seuls.

 

Actuellement, il n'est pas une seule journée sans que les ondes ne nous délivrent un flot continu de mauvaises nouvelles et ne nous transforment en oiseaux mazoutés englués dans la morosité et le marasme le plus complet. Celui qui passe sa journée à écouter la radio et la télé, à lire les journaux et à détailler les chroniques et les éditos, se rapproche de manière certaine de la folie, voire de la fin de son cycle terrestre par anticipation.

A en croire ces oiseaux de mauvaise augure, tout va mal, la situation est désespérée et si les mayas et leur calendrier ne parviennent pas à nous exterminer, l'économie et la sinistrose y parviendront sans aucune hésitation,

 

Et pourtant, tous les jours, tous les matins, à chaque heure de la journée, je croise dans les rues des gens qui n'ont rien de fantastique, aller au travail, travailler et chaque jour recommencer à trimer. Ces gens font ce pourquoi on les paye, parfois moins que ce que l'on devrait, parce qu'il faut gagner de l'argent pour mener une existence un minimum décente.

Tous les jours, malgré les cohortes de morosité qui envahissent nos rues comme les troupes d'un envahisseur, ils vont au travail, ils effectuent leur tâche et remplissent leur office, sans se demander ce que sera demain, sans faiblir, simplement sans s'apitoyer sur le sort décidément peu enviable de l'humanité.

 

Ce sont eux que j'appelle volontiers les héros ordinaires. Ceux qui ne font rien qui puisse vraiment être extra ordinaire .... quand tout va bien. Mais de nos jours, simplement faire quelque chose de normal et continuer à avancer dans la vie relève de l'action héroîque tant il y aurait de raison de s'assoir sur le bord de la route et de se laisser aller.

 

La reponsabilité de cette sinistrose incombant à ceux dont le rôle est de simplement nous informer et de nous distraire, ceux que l'on appelle les journalistes, qui n'hésitent pas à noircir le tableau et rendre la vie plus laide pour compenser le peu de talent et d'imagination dont ils font preuve. Il est définitivement plus facile de peindre un tableau en noir chagrin plustôt que de le tapisser de couleurs gaies et joyeuses.

Le bonheur est emmerdant et ne fait pas vendre, alors que le malheur est une source intarrisable d'audience et de revenus.

 

J'espère que ces vautours aux noires idées verront bientôt leur filon se tarir comme une vieille source pour qui l'heure de la retraite et que chaque personne se levant le matin pour aller au labeur jettera de ce fait un trait de couleur sur leurs noires idées.

 

Chapeau bas les gens, chapeau bas les héros ordinaires.

 

On vit une drôle d'époque

Par yaduneuf
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 22:13

En général, en début d'année, une fois passé le moment des diverses et multiples résolutions qui ne seront pas tenues plus de temps qu'il ne faut pour les oublier, on assiste invariablement à la même scène dans les rues. Celle de gens qui se rencontrent pour la première fois depuis le premier jour de janvier et qui à grand renfort d'embrassades se souhaitent moultes bonnes choses pour l'année à venir.

Il flotte sur le mois de janvier, à cause de ces voeux, une gentille allégresse et une bonne humeur quasi collective : chacun a des pensées positives et déborde d'espoir pour les mois à venir.

Généralement il n'y a que peu de choses qui parviennent à contrecarrer la marche de l'histoire dans ces moments et à cette période de l'année. Je dirais même qu'il n'y a rien qui puisse changer le cours de ce long fleuve tranquille qui coule dans le lit du calendrier.

 

Et pourtant cette année, voilà que l'impensable a bien failli se produire par la faute d'un calendrier qui était distribué bien avant que les employés de la poste tentent de nous faire passer de naïves photos de chiots ou de chatons pour de l'art et nous les fassent payer au juste prix de l'art.

Finalement, les tristes sires qui s'étaient emparés de la prédiction des postes mayas n'auront pas pu avoir raison de ce moment d'allégresse, la fin du monde tant clamée n'était qu'une erreur d'interprétation en définitive.

 

Je pensais qu'une fois cet écueil évité, l'année serait une longue succession de jours ensoleillés où il allait faire bon vivre et que nos concitoyens allaient afficher un optimisme aussi fort que l'errreur de Diam's quand elle croit avoir du talent.

 

Et bien non, grossière erreur. C'était sans compter sur le pouvoir subversif des médias qui se font les relais les plus efficaces de la manipulation que ceux qui se cachent dans les agences de notation tentent de mener à bien. Et que dire de ceux qui sont chargés de présider à la destinée de notre pays : Ils crient alerte et tirent la sonnette d'alarme car la crise s'installe et qu'elle est inévitable, qu'elle va faire des dommages collatéraux et que la fin de l'année, puisque nous savons maintenant que nous allons la connaître, sera éconmiquement apocalyptique.

 

Du coup, tout ce qui se passe de travers et qui ne va pas normalement trouve indéniablement sa justification dans le fait que les gens ont peur de la crise et se préparent au pire ....

Et le résultat ne se fait pas attendre, la sinistrose collective commence à gagner tout le monde comme le virus de la grippe .... du coup, tout le monde se retient, hésite et réfléchis à deux fois .... au nom d'une sacro sainte période difficile à venir.

 

Et pourquoi cette période serait elle plus dramatique que les précédentes qui étaient réputées être les plus difficiles.

D'aucuns mettront toute leur énergie à prévoir des contreparades pour la crise et ses effets dévastateurs ... quant à moi, je mettrais toute la mienne pour essayer de faire taire ces charognards de la mauvaise nouvelle qui veulent créer panique et desespoir pour mieux affaiblir tout un chacun et tirer profit de cette situation apocalyptique : il n'y a pas plus de raison de baisser les bras et de s'avouer condamnés et perdus que de raison pour qu'un chauffeur de bus obtienne la disctinctin suprême de la prévention routière.

 

J'en appelle au soulèvement populaire contre la sinistrose économique pour que la période d'allégresse de début d'année perdure longtemps encore.

Malheureusement le mal est bien engagé déjà puisqu'il n'y a qu'à écouter les discours de tout un chacun : le sommeil est parti, les nuits sont courtes, les rêves ont été remplacés par les soucis, les difficultés sont encore plus grandes qu'avant, le travail va manquer et nous plonger dans la détresse la plus grande .....

On vit une drôle d'époque

Par yaduneuf
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 20:40

Lorsque l'on vit des temps plutôt difficiles et socialement agités, il fait bon se raccrocher à des valeurs stables, ancrées solidement dans l'histoire et le monde.

Dans ces périodes là, on assiste régulièrement à une résurgence de l'histoire familiale et nombre sont ceux qui frénétiquement remontent aux origines de leurs familles pour tenter de découvrir leurs origines géographiques.

Ce qui était au départ une intention pieuse et naïve de retour aux sources est devenue nettement moins innocente depuis que les squales du marketing se sont emparés du filon.

 

Certes, il y a toujours eu des restaurants de cuisine traditionnelle des différentes régions de la France : mais c'est toujours demeuré bon enfant et la tradition et le terroir se retrouvaient tant dans les assiettes que dans la faconde du patron et la gentillesse de la tenancière, teintée d'accent et d'expressions inconnus.

 

Puis, sentant que le filon était quasiment inépuisable, au fur et à mesure que l'ambiance générale se dégrade, certains ont cru bon de démultiplier le concept à grande échelle. Et c'est comme cela que l'on a le plaisir et la surprise d'aller déguster de la cuisine régionale servie par des personnels dont le rapport avec la dite région est aussi éloigné que Diam's l'est du talent.

Quant ce n'est pas dans des restaurants de spécialités étrangères tenus par des gens dont la ressemblance avec les population locale est aussi approximative qu'incertaine : quelle surprise de s'attabler dans un bon chinois dont le patron est aussi africain qu'un ballon est rond.

 

Certains régionaux, moins bons en cuisine qu'en commerce et en logistique, ont eu l'idée également d'ouvrir des magasins dans lesquels les nostalgiques expatriés de leur région natale pouvaient retrouver les produits de leur enfance et cuisiner typique sans prendre le train ou l'avion.

Quel charme, quelle aventure particulière que de franchir la porte d'une de ces boutiques et d'entendre le patron faire l'article avec cette expression et cet accent qui ne trompent guère sur son origine et mettent du soleil dans une journée.

Quelle désillusion d'entrer dans une épicerie de produits du sud ouest et de s'entendre vanter les mérites des produits locaux par une grande gigue dont l'accent est aussi parisien que la Tour Eiffel est métallique.

Mais bon, il n'en demeurait pas moins que tant que l'on n'avait pas franchi le seuil de la boutique l'on restait sous le charme de l'endroit, imaginant les trésors locaux comme un tartarin en pleine quête .....

 

Mais patatras, les requins du capitalisme se sont encore jetés sur le concept comme la misère sur le pauvre. Les boutiques sont devenues nettement moins typiques et commencent à se décliner à grande échelle selon des concepts de marketing bien établis.

C'est donc ainsi que je me suis retrouvé devant la devanture d'un épicerie traditionnelle, commençant à rêver à des contrées inconnues et pittoresques que je ne connaissais pas.

Ah la douce rêverie dont je fus tiré plus que brutalement par la devanture dont la quasi totalité des inscriptions mêlaient anglicismes et terroir ....

Le "Bérichon Fooding" ça a de suite nettement de classe et ça brise le charme tout autant que le "Corsican Spirit".

Ah la délicate tradition sacrifiée sur le bûcher du commerce.

 

On vit une drôle d'époque

 

 

Par yaduneuf
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 20:08

Je n'ai pas particulièrement de compétences en histoire des traditions mais je crois pouvoir dire sans trop m'avancer que les premiers échanges de voeux pour la nouvelle année remontent à un certain temps ... relativement reculé.

A cette époque, le vecteur le plus répandu de communication était la missive, autrement dit un bout de papier écrit (par ceux qui savaient ce que cela voulait dire) et délivré à son destinataire par les hommes (ceux qui ne savaient pas ce que cela voulait dire).

De ce fait, adresser ses voeux à quelqu'un avait un sens tout particulier et demandait un investissement certain : écrire, cacheter, mander et délivrer.

L'acheminement prenait un certain temps de sorte que c'est certainement pour cela que la tradition veut que l'on puisse présenter ses voeux pendant un mois (ceci est une pure hypothèse sans plus de fondement que celle qui attribue du talent à Diam's, mais je trouve que cela sonne plutôt bien)

Les moeurs évoluant et les méthodes aussi (à l'inverse du métier de taxi), la poste a pris le relais du coursier à cheval et les délais d'acheminemnent se sont raccourcis. Mais il n'en restait pas moins que la démarche impliquait de prendre le temps de coucher sur le papier quelques mots.

Cela impliquait également que l'on rédige le petit billet de courtoisie spécialement pour celui qui allait le recevoir, c'est à dire le personnaliser un tantinet.

 

Puis le téléphone mobile et internet ont fait leur apparition (notez que j'ai volontairement effectué un immense raccourci historique sur ce coup là).

C'est plutôt bien me diront les technophiles les plus avertis, ça permet d'aller plus vite et de toucher un plus grand nombre de personnes, puisque c'est plus facile et plus rapide, il s'échange plus de voeux que d'habitude et cela permet également de ne pas laisser certaines personnes dans la solitude la plus totale. Certes.

Mais de là à dire que cette démocratisation de la communication est l'instrument d'un élan de gentillesse et d'attention planétaire et que le message électronique a plus fait pour les relations humaines que Simone Veil pour la lutte contre la surpopulation, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas).

Effectivement si l'on considère que chaque personne aujourd'hui envoie environ 80 messages de voeux de plus que nos ancètres en quelques minutes, on est en droit de se dire que le monde est un océan de courtoisie et de gentillesse. Pourtant cela n'a pas empêché mon voisin de file d'autoroute de me tendre un index fièrement dressé et de m'affubler de tout un tas de noms d'oiseaux à faire pâlir un ornithologue.

 

Qui n'a pas reçu une bonne cinquantaine de textos ou de mails de bonne année aux premiers jours du mois de janvier et qui n'a pas constaté que ces messages censés apporter une dose de joie individuelle n'était qu'une délicieuse farce ?

Et que cet envoi de masse réalisé de manière complètement anonyme et dépersonnalisé était susceptible de créer les pires drames humains dés l'année commencée ?

Imaginez une personne seule et sans proches (ceux ci l'ayant abandonné pour suivre la route de Diam's) pour qui les fêtes ne sont pas synonyme de joie et de gaieté et dont la médiocrité des programmes télé en cette période renforce l'impression d'abandon. Imaginez un instant sa joie lorsque son téléphone bipe pour lui annoncer que quelque part quelqu'un pense encore à elle et lui envoie ses voeux.

Imaginez la, fébrile, empoignant son téléphone, imaginant, juste avant d'afficher le message, la possibilité de retrouver des amis bientôt. Imaginez une larme presque naissante au coin de son oeil et un sourire presque béat sur son visage, affichant le message tant désiré et attendu .... et découvrant des voeux lui souhaitant une grand bonheur entouré de sa famille .... patatras ..... boum .... terrible et cruelle désillusion de la fraternité moderne.

 

Oups, il faut que je fasse amende honorable puisque j'ai parlé de 80 messages par personnes grâce aux textos et mails .... c'était inexact ... à moi seul j'en ai envoyé 120 en quelques secondes ...

 

On vit une drôle d'époque

Par yaduneuf
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 07:57

.... Pas de chocolat. Selon une expression consacrée et largement passée dans le vocabulaire courant mais dont l'origine scientifique ou grammaticale est sans doute aussi incertaine que la probabilité de talent chez Diam's ou de bon sens chez un taxi.

 

De plus, outre son absence de véracité scientifique, le sens de cette expression est battu en brèche par l'histoire. Une histoire contemporaine, certes, puisqu'elle date d'hier (mais c'est déjà de l'histoire puisque c'est passé, de même que les lignes au dessus de celle que vous êtes en train de lire sont d'ores et déjà entrées dans l'histoire).

 

Il ne s'en est fallu que du court récit d'un journaliste pour faire s'effondrer un pan entier de la culture populaire : Même ceux qui ont des bras peuvent être privés de chocolat .... Imaginez le chos soudain que peut provoquer cette annonce alors que depuis quasiment toujours, l'inconscient collectif est persuadé que seul les déficients pronateurs (version politiquement correcte des manchots (les puristes, les scientifiques grincheux, les anatomistes tatillons ou simplement les emmerdeurs pourront y substituer l'expression "déficients supinateurs") risquaient de ne point goûter ce doux nectar qu'est le chocolat.

 

Il se trouve que c'est un homme politique qui vient de faire basculer la situation et qui a profondément et peut être définitivement changé le cours de l'histoire. Il vient tout simplement de faire en sorte que demain ce soit l'expression "Pas de jambes, pas de chocolat" qui soit sur toutes les lèvres.

Mais comment a t il fait vous demandez vous et me questionnez vous ? Est ce un brillant linguiste versé dans la politique, un politicien tombé dans le dictionnaire ? Un académicien déguisé en magistrat local ? Que nenni. N'imaginez pas tant de grandeur et de talent mais laissez vous choir dans la bassesse et la fange les plus viles.

 

Ce politicien dont le coeur doit être certainement aussi serré que le string d'une bimbo sortant d'un salon de thé, vient de décider qu'au nom de la crise et en vertu d'une économie non négigeable d'argent pour les finances locales, la distribution de chocolat de fin d'année pour les anciens de la commune regroupés dans les maisons de retraite ne serait plus qu'un lointain souvenir ... c'est à dire .... n'aurait plus lieu d'être.

Et comme la caractéristique des anciens c'est plus la déficience du train arrière que l'absence des bras ..... pas de jambes, pas de chocolat ....

 

Il faut d'urgence remercier et élever une statue à ce politicien local dont la générosité n'a d'égal que le discernement d'un chauffeur de bus ou le génie d'une chanteuse de rap et dont l'amour du prochain doit être aussi fort que l'after shave d'un taxi.

 

Il faut également souligner son grand courage quotidien ... lui qui ne semble pas hésiter à affronter son reflet dans la glace aprés avoir privé le ciment et les fondations de nos sociétés de la dernière distraction qui permettait de séparer leurs vies de l'inexistence et d'éloigner leurs dernières demeures de l'enfer. Il mériterait presque une médaille pour avoir eu le courage de prendre cette décision et de ne surtout pas toucher au sacro saint repas de fin d'année qu'il doit partager avec ses collaborateurs les plus proches avant de s'en retourner chez eux finir de se gaver dans leurs demeures respectives pendant que ceux, qui les ont porté jusqu'à cette charge et ont construit jour aprés jour la commune qu'ils pillent sans vergogne, restent tapis dans leurs fauteuils aprés un repas frugal mais certes amélioré autant que les maigres subventions municipales le permettent, c'est à dire d'une mandarine et d'un centilitre de mousseux.

Et qu'une petite voix frêle brise le silence ... "J'aurais bien mangé un chocolat comme l'années dernière ..."

 

On vit une drôle d'époque

Par yaduneuf
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 21:52

Du plus loin que je puisse me rappeler, j'ai le souvenir que l'on m'a, depuis ma plus tendre enfance, répété inlassablement deux préceptes présentés comme les piliers de la vie en société, pour peu que l'on veuille qu'elle soit réussie et harmonieuse.

Tout le monde les a entendu au moins une fois :

Tendre la joue

Tendre la main

Pendant un moment, j'ai cru ce que l'on me disait et qu'il suffisait de les respecter scrupuleusement pour connaître ce nirvana de la relation sociale et l'harmonie universelle.

Utopique et naïf me direz vous ... effectivement .... mais à ma décharge, je dois préciser que si j'y ai réellement cru c'est parce que cela a réellement marché ..... un temps du moins.

Quand on tend l'autre joue, sans entrer dans la querelle ni l'affrontement, c'est vrai que les relations les plus conflictuelles deviennent nettement moins pénibles ....

C'est vrai que lorsque l'on tend la main, il est nettement plus facile d'avoir de bonnes relations avec les autres, que l'on aide et secours sans retenue.

Et pourtant ..... Et pourtant, cela ne dure pas bien longtemps et l'incorrigible naïf que j'étais a rapidement compris que cette attitude ne pouvait engendrer qu'un bonheur naturellement éphémère.

Parce que l'on se rend trés vite compte qu'un bon nombre de nos compatriotes de bonheur terrestre font un usage de ces deux préceptes trés associatif : ils mélangent allègrement les deux et de cette manière tendent la main sur la joue ... en résumé, te prennent pour un con sur toute la ligne.

 

Et à partir de ce moment tu comprends que c'est en tendant la main aussi souvent qu'un bègue butte sur les mots ou qu'un chauffeur de taxi truque le prix des courses, que ta vie devient nettement moins agréable, voire carrément désagréable.

C'est un choc à peu prés aussi fort que lorsque l'air dilate les poumons d'un nouveau né pour la première fois.

 

Mais pour autant, il est concevable de se dire que cette attitude pour le moins inamicale n'est que le fait d'une petite minorité et que ce n'est pas cette minime et minable petite communauté qui va empêcher une humanité entière de tendre la main et de vivre dans le bonheur perpétuel.

Et c'est là que le bas blesse pour la deuxième fois, coupant l'espoir avant qu'il ne se rétracte comme les lames de rasoirs qui valent nettement plus cher que le rasoir, ma mousse et les serviettes chauffantes réunies. Parce qu'en terme d'humanité entière, ce n'est pas toute la population qui tend la main, mais simplement une petite poignée d'indécrottables idéalistes dont je suis, à tout le moins, le chef et leader incontesté, qui tend cette main à l'autre moitié qui la prend sans aucune hésitation et sans aucun retour.

 

En résumé et pour adopter un langage que tout le monde connaît bien, tu prends vraiment conscience que plus tu aides et plus tu assistes, moins on te rend ne serait ce qu'un sourire ou un regard, sans parler non plus de renvoyer l'ascenseur comme l'on peut dire communément ... et de ce fait, il est aisé de comprendre pourquoi ces des préceptes fonctionnent ensemble : au plus la main est tendue, au plus la joue se tend pour recevoir encore son lot de gifles infligées par l'indifférence.

En définitive, plus l'on donne et au moins l'on reçoit ..... ce qui ne laisse pas présager d'un avenir des plus radieux.

 

Heureusement, je connais pas mal de doux rêveurs qui comme moi tendent la main sans, au final se soucier, et qui entretiennent ce mouvement perpétuel, car au fond, même pour dix profiteurs amnésiques, un seul reconnaissant suffit à justifier que joue et mains se tendent en même temps et dans la même direction.

 

On vit une époque formidable

Par yaduneuf
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 22:05

Et je m'en fais. Je me fais beaucoup de sushi..... ou plutôt du soucis .... Du soucis à cause des suchis.

Voilà que désormais la France entière s'est prise de passion pour ces petits morceaux de poissons garnis de riz que l'on déguste dans des bars du même nom, officiellement tenus par des gens du cru ... mais pas toujours. Ou que l'on déguste chez soi, livré par un post adolescent boutonneux dévalant les rue au guidon de son scooter daltonnien au point de foncer à tombeau ouverts au travers des feux rouges comme s'ils étaient verts.

 

Pourquoi devrait on se faire du soucis face à l'invasion galopante de ces petites boules de riz poissonnée ? Bien parce que c'est une étape de plus vers la colonisation et l'anéantissement de la gastronomie de notre vieille France. Et cela ne date pas d'hier.

L'invasion culinaire a d'abord commencé par l'Italie et la découverte de la pizza et des pâtes .... fort heureusement, ces mets savent se fondre dans notre paysage gastronomique au point de faire oublier leurs origines transalpines.

Elle s'est ensuite poursuivie par les hamburgers et la fast food industrie, déroutant et déformant le goût de génération entière sacrifiant leurs papilles au nom d'une cool attitude qu'il est bon d'adopter.

Quelle sera la prochaine invasion lancée sur nos côtes et sur nos tables, dans nos fourneaux et nos garde manger ? Peut être pourrons nous bientôt nous faire livrer des déclinaisons exotiques de bol de manioc directement à la maison, à moins que ce ne soit des livraisons de gelules déshydratées qui ne viennent signer la réussite d'une soirée.

L'avenir gustatif ne se présente pas sous les meilleurs auspices, loin de là ...

 

Et pourtant, il serait si simple de redonner ses lettres de noblesse à nos délicates et puissantes recettes .... et par là même peut être aussi générer de l'emploi et combattre la pauvreté ....

Aujourd'hui donc, pâtes, pizza, plats cuisinés et autres suchis sont amenés à l'heure dite par de jeunes décérébrés défiant tant les lois de la vitesse que les lois de la route et qui déboulent chez vous habillés comme des zazous échevelés marmonnant le strict minimum pour vous annoncer le montant à leur payer.

 

Ne pourrait on pas confier ces livraisons à nos seniors désireux de faire grossir leur retraite ? Il serait plus classieux de voir arriver chez vous à l'heure du repas un ancien dans une belle livrée ou des habits classiques, voire pour les plus folkloriques dans des bleus de travail de la grande époque de l'artisan roi.

Mais attention, que l'on ne s'y trompe pas, pas question de leur faire amener à votre porte toutes ces nouvelles nourritures que l'intelligentsia culinaire tente de nous imposer sous couvert de mode et de bien pensants ...

 

Non, imaginez donc nos bons seniors acheminant jusqu'à votre porte deux succulentes portions de pieds paquests ou de gras doubles. Imaginez encore un valeureux ancien sonnant à votre porte entouré de ses belles bacchantes et déposant dans vos bras trois portions de hachis parmentier délicieux et fumant. Ou alors son acolyte sonnant en plein milieu de l'apéritif pour vous apporter les portions de cassoulet fait maison commandées quelques instants plus tôt. A moins qu'il ne dépose devant vos yeux ébahis et vos papilles excitées comme des puces, une portion de gratin dauphinois mêlant pommes de terre de pays et crème fraîche goûteuse.

 

Ca aurait tout de même plus de gueule que des rouleaux de riz entourés de poisson pas cuit.

 

On vit une drôle d'époque


Par yaduneuf
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